Histoire

Fleury-sur-Orne avait pour nom Alemannia puis Allemagne jusqu’en 1916 en raison de la garnison d’Alamans préposée à l’époque du Bas-Empire à la garde du gué qui franchissait l’Orne. Mais pendant la Première Guerre mondiale, la commune a souhaité changer de nom car le nom d’Allemagne devenait difficile à porter.
Fleury-Devant-Douaumont était en 1914 une commune de la Meuse (422 habitants, école, église, mairie, 13 commerçants, 10 agriculteurs propriétaires); elle fut détruite en 1916 pendant la 1ère Guerre Mondiale.
Le 23 Août 1916, le Conseil Municipal a décidé, en mémoire de cette commune détruite, de changer de nom et de l’appeler Fleury-sur-Orne.

Le massacre du gué d’Athis

En 1047, Guillaume le Conquérant aidé par Henri I, roi de France, mit fin à la révolte des barons normands à la bataille du Val-ès-Dunes, près des villages de Chicheboville, Secqueville et Bourguébus. Peu d’informations nous sont parvenues sur cette bataille, mais il semblerait qu’il n’y ait eu ni infanterie ni archers, seuls des groupes de cavaliers se seraient affrontés de manière désordonnée.
À l’issue de ces échauffourées, les barons rebelles s’enfuirent. Ils tentèrent de franchir l’Orne au gué d’Athis près de Fleury-sur-Orne et y furent décimés. Emportés en grand nombre par le courant, les corps des chevaliers massacrés bloquèrent le moulin de Bourbillon au niveau de l’actuelle Ile Enchantée. Guillaume devint alors le maître incontesté du duché de Normandie.

Les carrières

Au XI siècle, le carreau d’Allemagne était l’un des principaux lieux d’extraction de la pierre de Caen. L’exploitation se faisait alors à ciel ouvert. Elle servit à la construction de nombreux édifices en Normandie (ex : les abbayes de Caen) ou en Angleterre (ex : Tour de Londres).
Dans un premier temps, l’exploitation s’est faite à partir de boyaux à flanc de coteaux. Puis, à partir du XIV siècle, on exploita les carrières souterraines ; on creusa plus profondément grâce à des puits creusés à l’est de la route d’Harcourt vers la Grâce de Dieu.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les habitants de l’agglomération caennaise trouvèrent refuge dans ces carrières souterraines pendant les bombardements. L’activité des carrières exploitant la pierre de Caen cessa à la fin des années 1950, après la Reconstruction de Caen, le béton étant alors le matériau le plus utilisé dans la construction.
Aujourd’hui ces carrières sont fermées au public sauf pour les journées du patrimoine. Certaines sont utilisées pour la culture du champignon de Paris. Pour plus d’informations, notamment photographiques, voir le site de la Lithothèque de Normandie.

La libération de Fleury-sur-Orne en 1944

Durant la nuit du 18 au 19 juillet, les neuf régiments des trois brigades de la 2 division d’infanterie canadienne se préparent à libérer le sud de Caen avec pour objectif la cote 67.
Les régiments Black Watch et Calgary Highlanders traversent l’Orne puis escaladent les hauteurs de Vaucelles sous le feu des obus et des balles allemandes. Pendant ce temps, les troupes de la 6 brigade opèrent plus à l’est. Le 19 juillet, au lever du jour, alors que les combats font rage sur les hauteurs de Vaucelles, le régiment de Maisonneuve principalement composé de Québécois, se prépare à son baptême du feu.
Quittant leur retranchement près de la prison vers 10 heures, les hommes du régiment de Maisonneuve traversent le pont Bailey mis en place quelques heures auparavant par le génie canadien.
Le docteur Robert installe son poste de soins à la croisée des routes 158 et 162 (actuel carrefour rue de Falaise-Boulevard Lyautey). À 13 heures, sous la supervision du commandant Bisaillon, les compagnies A (major Dugas) et C (major Ostiguy) prennent la route de Thury-Harcourt alors que les compagnies D (major Léon Brosseau) et B (major Massue) utilisent une petite route secondaire sur la droite (l’actuel chemin des coteaux ?) avec pour objectif la partie basse de Fleury-sur-Orne.
Sous une pluie d’obus et de mortiers, les troupes canadiennes disputent aux Allemands l’occupation des maisons bordant la route. Les rafales des mitrailleuses déchirent l’air, les blessés attendent les premiers soins, près d’eux gisent leurs camarades morts. Sur la gauche, le village d’Ifs est en feu alors que le Black Watch arrive à Saint-André. À 16 heures, la compagnie C du major Ostiguy, aidée des lieutenants Mathieu et Robert, atteint l’objectif, chaque maison de Fleury est inspectée. Le curé Saussaye et les habitants de Fleury, réfugiés depuis début juin dans les carrières, apprennent avec soulagement la fin de leur exil souterrain tandis que les Allemands se replient sur Étavaux. Gérard Marchand, aumônier du régiment de Maisonneuve, dit une prière avant l’ensevelissement des soldats canadiens tués au combat.
Le 24 juillet, le régiment québécois participe à l’opération Spring. Le vendredi 29 juillet, vers 16 h, une attaque surprise, dirigée par le major Vallières suivie d’une autre attaque dans la nuit de vendredi à samedi entraîne la capitulation des troupes allemandes stationnées à Étavaux.
Le 9 août, la 2 division canadienne s’empare de la crête de Verrières.

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